
Un blog est avant tout
un espace personnel. On y raconte ce qu’on veut.
J’ai donc décidé de raconter mes courses d’hier. J’ai acheté un rosbif, une veste neuve et un nouveau pot pour ma cafetière.
Oui. Le précédent est cassé, c’est con. De la flotte coulait partout. Pas le café. Je n’y comprends rien. Emilie, la copine de Jim, m’a dit « tu ferais mieux d’acheter une cafetière neuve, tiens ! En voilà une à 15 euros ». Non. Je ne vois pas pourquoi j’achèterais une cafetière à 15 euros alors qu’un pot coûte 8 euros.
J’ai acheté la veste pour à peu près la même raison : la précédente était cassée alors qu’elle n’avait que trois jours, ça m’apprendra à acheter des conneries pas chères. 40 euros la veste c’était bien, mais c’est un peu comme une cafetière à 15 euros : ça n’est pas garanti pièces et main d’œuvre. Salauds de pauvres.
Voilà pourquoi j’ai acheté une veste et un pot de cafetière. Il est hors de question que je raconte maintenant pourquoi j’ai acheté un rosbif : le voyeurisme de mon intimité a déjà dépassé les bornes. Ou alors, je le raconte à la manière de Balmeyer quand il imite oh!91. Ca va être saignant comme mon rosbif. Je vous préviens. Un peu comme quand Fiso nous raconte comment elle se retrouve dans un camping bourrée à faire des cochonneries avec deux lesbiennes profs de karaté.
Je me lance :
Je marche dans les allées de Carrefour. Le vent dément, consécutif à ce crétin ayant oublié de fermer les portes du congélo, souffle dans le froid total. Tout est blanc, le ciel, le sol. Tu te demandes ce que je fais dans se supermarché. J’effectue mes commissions. J’aime le rosbif. Le rosbif c’est comme le sexe, parfois c’est tendre, parfois c’est dur. Je marche dans les allées, être humain perdu dans un désert hostile et immatriculé.
Soudain, j’aperçois près du glacier une forme emprisonnée dans la banquise. Je me précipite. Le blizzard redouble, mais je pense avoir reconnu une forme bovine. Je fouille le frigo avec ma pogne, et peu à peu je dégage le rosbif. C’est incroyable : un gigot d'agneau emprisonné depuis deux ou trois jours dans le froid. Il est vivifiant ! Quelle surprise ! Stupéfaction.
Peu à peu, il se dégivre, sauf son os qui reste désespérément dur. Attends, dis-je, je vais te réchauffer. Nous nous dégivrons mutuellement l’os. C’est agréable. Force est de le constater. Tu aimes l’ail, demande-je ? Grrrr ! Répond-il. Il se tape la poitrine farcie avec son moignon d’os.
Aaahhh ! J’ai échoué. Mon rosbif s’est transformé en gigot d’agneau. Je me suis mélangé les pinceaux. Un peu comme Marc, l’autre jour. Il essayait de me convaincre que Le Chafouin, Lomig et Toréador n’étaient pas des blogueurs de droite. Il n’était pas crédible. Là, c’est pareil : mon histoire de rosbif n’est pas crédible. Pourtant, j’ai pompé Balmeyer. Oh!91, je parle du texte, bordel !
Je vais essayer autre chose. Il faut que je commence par une confidence. Je n’ai pas acheté qu’un pot à cafetière, une veste et un rosbif. J’ai aussi acheté différents trucs, comme du jambon et des yaourts, mais aussi un paquet de tartiflette pour 4 personnes, que j’ai d’ailleurs terminé en un seul repas, mais ne le dites pas à mon toubib.
Je vais tenter de pomper autre chose (je parle toujours d’un texte de Balmeyer).
Je me lance :
Tu me demandes ce que je fais dans le rayon Mir et produits d’entretien. Je vérifie le catalogue. Je me déplace dans les allées capitonnées, au cœur du silence de l’espace « serpillières », pour effectuer des choix. Parfois, je regarde les prix par les panneaux. J’aperçois au loin le rayon « surgelés », je médite sur cette étrange solitude, dans ma divagation spéciale. Mon cœur bat dans ma poitrine, être humain perdu entre le fromage et le dessert sidérant.
J’ouvre un congélo, et je tombe alors sur un sachet de tartiflette, qui, venant de corse nu, me désaltère en transpirant. Quelle surprise ! Stupéfaction. La buée sur ce sachet brille comme de l’huile.
Bon. Je suis encore mal parti. La suite du texte de Balmeyer est un peu compliquée et assez peu prépuce propice à expliquer pourquoi j’ai acheté de la tartiflette. J'abandonne.
(photo)